Chapitre XXVI
Remarques aux conjugaisons

143. Les terminaisons -avi, -evi, -ivi et celles qui en sont dérivées subissent souvent une syncope en rejetant la lettre v Cette syncope a lieu :
1) A la première conjugaison dans tous les tems, où –avi est suivi de s ou de r. Outre cette syncope ces formes subissent encore une contraction de a-i et de a-e en –ā ; par exemple amavisti, ama-isti, amast i; amavissem, amassem ; amavērunt, amarunt.
2) La même chose a lieu pour la terminaison -evi de la deuxième et de la troisième conjugaison ; par exemple nevisti (de neo, je file) nesti ; deleverunt (de deleo, je détruis) delerunt ; consuiverunt (de consuesco, j'ai coutume) consuerunt.
3) La terminaison -ovi ne subit la syncope que dans novi, novisse, avoir appris, savoir et dans les composés de moveo, movi, je meus ; par exemple novērunt, norunt ; comovissem, comossem.
4) La terminaison -ivi de la quatrième conjugaison subit la syncope dans tous les temps de l'action achevée ; mais la contraction n'a lieu que dans les formes, où -ivi est suivi de s, p ; par exemple audivi, audii, audiveram, audieram, audivissem, audiissem, audissem.

144. La quatrième conjugaison avait autrefois les terminaisons -ibam et -ibo au lieu de -iebam et -iam à l'imparfait et au futur de l'indicatif. Ces anciennes formes se trouvent encore dans le verbe ire, aller.

145. Pour la terminaisont –ērunt de la 3ème personne plurielle de l'indicatif parfait actif il y a une autre forme en –ērĕ ; et pour la 2ème personne des temps du passif en -ris il existe une forme en -re.

146. Quatre verbes : dico, je dis ; duco, je conduis ; facio, je fais ; fero, je porte et leurs composés, excepté ceux de facio qui changent a en i, perdent la terminaison -e à la 2ème personne singulière de l'imperatif actif et font : dic, duc, fac, fer ; educ (de educere, emmener), calefac (de calefacere, échauffer), perfer, (de perferre, supporter) ; mais on dit perfice (de perficĕre, achever).

147. En composant le participe parfait passif et le participe futur actif et passif avec le verbe auxiliaire esse on obtient une sorte de conjugaison composée. II est à remarquer qu'il est assez indifférent, lorsqu'on emploie dans cette composition le participe parfait passif, de mettre sum ou fui, eram ou fueram, et que surtout pour le futur il n'y a aucune différence entre ero et fuero. Les temps qui résultent de la composition du participe parfait passif avec esse ont passé dans la conjugaison ordinaire ; ceux qui naissent des participes futurs forment la conjugaison périphrastique (conjugatio periphrastica) de l'actif et du passif.